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« Suite », Colonisation, report de l’appel d’offres pour la zone E1
Le bureau de la procureure générale d’Israël a demandé ce dimanche 27 septembre le report de l’échéance de dépôt des offres concernant le plan de colonisation E1 à Jérusalem-Est afin de ne pas perturber les élections législatives prévues pour la fin du mois d’octobre. (L’Humanité) Cette décision a été annoncée par la procureure générale d’Israël, Gali Baharav-Miara, figure de l’opposition au gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou et motivée par le risque que « l’appel d’offres soit utilisé à des fins de propagande électorale » et la montée des protestations internationales. (The Times of Israel). Cette décision a bien évidemment suscité la fureur du ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, qui a été à l'avant-garde des efforts visant à accélérer la construction de l'accord, accusant la procureure générale d’ingérence électorale et de travailler pour, Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (The Times of Israel) Projet vieux de plus de trente ans, ce vaste projet foncier de colonisation illégal vise à annexer un large territoire et à empêcher la création d’un État palestinien. « La zone E1 se situe entre Jérusalem-Est occupée et le bloc de colonies de Maale Adumim. Sa construction couperait de facto la Cisjordanie en deux, rendant impossible la création d'un État palestinien contigu ». (The New Arab) « Smotrich avait qualifié l’approbation du plan E1 de « pas en avant significatif qui efface pratiquement l’illusion de la solution à deux États » lorsqu’il avait reçu l’autorisation définitive de son projet, l’année dernière. (Times of Israel)
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« La présence chrétienne est menacée dans sa terre natale » d'après Le Patriarcat latin de Jérusalem
Fin août, le patriarcat a lancé un appel à la solidarité chrétienne internationale afin de soutenir la présence des chrétiens palestiniens en Terre Sainte qui « ne souhaitent pas être préservés comme une curiosité historique ni réduits à un vestige du passé » mais « demandent simplement la possibilité de vivre, de travailler, d’élever leurs enfants et de pratiquer leur foi dans la dignité, sur la terre où le christianisme a vu le jour ». Cet appel fait écho avec la lettre pastorale de Mgr Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem d’avril 2026 et avec le climat délétère qui a entouré la rentrée scolaire de milliers d’élèves palestiniens de Jérusalem-Est. Il alerte à nouveau sur la situation très préoccupante, voire critique des chrétiens de Terre Sainte : « De nombreuses familles chrétiennes de Bethléem et de Jérusalem, dans les villages de Cisjordanie et, bien sûr, à Gaza, connaissent des conditions de vie de plus en plus difficiles. (…) les restrictions de mouvement, l’annulation des permis de travail et la paralysie du secteur du tourisme ont gravement affecté leur capacité à travailler et à subvenir aux besoins de leurs familles ». Avec la chute du tourisme, un nombre croissant d’artisans, d’employés d’hôtels, de restaurateurs, de commerçants, de guides touristiques, largement dépendants des pèlerins, se retrouve au chômage. « Les communautés chrétiennes font désormais face à un taux de chômage exceptionnellement élevé de 54 %, soit environ le double de la moyenne nationale ». Cette absence de perspective d’emploi incite les nouvelles générations à se tourner toujours davantage vers l’émigration. À Gaza, la « communauté chrétienne historique a été dévastée », « il ne reste aujourd’hui que 541 chrétiens », « certains ont été contraints de fuir tandis que d’autres ont été tués dans le conflit ou ont perdu la vie en raison de l’effondrement des soins médicaux de base et de la pénurie de produits essentiels ». Guerre, crise humanitaire, crise économique, restrictions de mouvement et pression constante du gouvernement israélien posent durablement la question du maintien de la présence chrétienne en Terre Sainte. « Il ne s’agit pas simplement d’un changement démographique, mais d’une crise de l’histoire, de l’identité et de la foi. Que signifierait pour le lieu de naissance du christianisme de devenir un musée vide de pierres et de sites archéologiques ? » Le soutien aux populations chrétiennes ne doit pas se limiter « à répondre aux urgences immédiates ; il doit permettre aux populations de croire qu’elles ont encore un avenir ici, sur cette terre ». Cette espérance passe, pour le Patriarcat, par un investissement massif dans l’éducation grâce à des initiatives comme « Back-to-School » (prise en charge des frais éducatifs essentiels pour les familles les plus pauvres), au maintien d’écoles ouvertes même à Gaza, à la formation professionnelle et plus largement par le soutien à « la création de petites entreprises et d’institutions communautaires » afin de « donner aux familles des raisons concrètes de rester, non pas parce qu’elles sont piégées, mais parce qu’elles peuvent construire une vie digne et durable dans leur patrie ».
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Une rentrée scolaire sous tension, blocages et nouveaux programmes scolaires
Présenté comme « une des clés de la présence chrétienne en Terre Sainte » (Terre Sainte Magazine),[1] le système éducatif arabe de Jérusalem s’est retrouvé à nouveau sous pression dès la rentrée scolaire. Plus de 8 500 élèves de Jérusalem ont été privés de rentrée scolaire ce mardi 1er septembre, (La Croix) en raison d’une grève des écoles chrétiennes de Jérusalem-Est « pour protester contre les blocages soudains des permis d’entrée par Israël pour les enseignants de Cisjordanie et contre une volonté systématique de remplacer le programme scolaire palestinien ». (Al Jazeera). Toutes les écoles chrétiennes de Jérusalem ont donc décidé de reporter la rentrée en raison du non-renouvellement des permis d’entrée de nombreux enseignants et autres personnels affectés à des missions administratives, de santé, de nettoyage ou de sécurité. (Communiqué) Si la situation est rapidement rentrée dans l’ordre avec la régularisation de la majorité des autorisations dès le lendemain, ces blocages intempestifs témoignent des restrictions de mobilité auxquelles sont confrontés les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est et des attaques répétées contre le système scolaire palestinien. Ce « nouvel épisode alimente les craintes de pressions croissantes sur ces établissements attachés au programme palestinien comme à leur mission de vivre-ensemble » (La Croix) et touche, de leur point de vue, « le cœur même de la présence et de la mission » des Églises de Terre Sainte. Ces blocages sont compris « comme un moyen de pression supplémentaire pour pousser les écoles chrétiennes à abandonner le cursus palestinien au profit du programme israélien ». (Terre Sainte Magazine) D’après Haaretz, le gouvernement israélien impose dès cette rentrée le programme scolaire israélien à « tous les nouveaux élèves de première et de septième année » du système éducatif public de Jérusalem-Est. Il s’agit d’une première depuis l’annexion unilatérale de Jérusalem-Est en 1967. Cette année, plus de 45 000 élèves palestiniens sur un total d’environ 120 000 à Jérusalem-Est (soit 38 %) suivront le programme scolaire israélien. Il y a une quinzaine d’années encore, ce pourcentage était inférieur à 10 %. Il y a six ans à peine, moins de 13 000 élèves étaient scolarisés selon ce programme. (Haaretz). La construction de la barrière de sécurité au début des années 2000 a modifié les débouchés économiques pour les jeunes palestiniens de Jérusalem et entraîné une augmentation de « la demande pour le programme scolaire israélien (…) comme voie d’intégration dans l’enseignement supérieur israélien et le marché du travail israélien ». Malgré tout, de nombreuses familles, écoles et militants palestiniens se sont longtemps opposés à l’introduction de ces programmes mais face au contexte socio-économique actuel, cette opposition est bien moins marquée aujourd’hui. Le système éducatif arabe palestinien subit une véritable « israélisation » à marche forcée : promesse de financement pour les écoles adoptant les programmes israéliens puis obligation pour les établissements publics, non-reconnaissance des diplômes universitaires cisjordaniens, fermeture puis prise de contrôle des écoles de l’UNRWA, etc. (Haaretz) [1] Voir : « La présence chrétienne est menacée sur sa terre natale »
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Souccot et la multiplication des provocations sur l’esplanade des mosquées
Durant tout le mois de septembre, riche en fêtes religieuses (Nouvel An, Yom Kippour), l’esplanade des mosquées a été le théâtre de nombreuses incursions de juifs orthodoxes et de colons. À l’occasion des fêtes de Souccot (appelée aussi fête des cabanes), une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah qui commémore le séjour des Hébreux dans le désert et les récoltes d’automne, ces incursions atteignent un niveau rarement atteint et représentent un risque majeur pour la sécurité dans la Ville Sainte et au-delà. Dès le premier jour, le vendredi 25 septembre, plus d’un millier de Juifs, essentiellement des colons, se sont rendus sur l’esplanade des mosquées sous une forte protection policière et ont prié « ouvertement sur ce site sacré, véritable poudrière » (The Times of Israël) « Cette manifestation, organisée par le groupe : Le Mont du Temple est à nous ! a été marquée par des prières collectives et des rituels religieux, malgré les restrictions traditionnelles et les tensions persistantes autour du lieu », alors même « que la majorité des rabbins ultra-orthodoxes interdisent aux Juifs de monter sur l’esplanade, en raison de règles religieuses strictes » (JForum). Au troisième jour de la fête, plus de 1 700 Juifs israéliens « ont pénétré dans l’enceinte d’Al-Aqsa par groupes successifs, sous une importante protection de la police israélienne, et y ont effectué des rituels et des prières talmudiques, alors que des mesures de sécurité renforcées étaient déployées autour de la mosquée et dans la vieille ville de Jérusalem ». (WAFA). « Le département des Affaires de Jérusalem de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a mis en garde lundi contre une escalade sans précédent des violations signalées à la mosquée Al-Aqsa » en particulier par la présence du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, et du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. « la gravité de la situation ne réside pas uniquement dans le nombre de personnes ayant pénétré sur le site, mais également, selon le communiqué, dans la volonté d’imposer par la force une nouvelle réalité religieuse et politique ». (WAFA) Ce lundi, le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a clamé qu’Israël était désormais « maître du mont du Temple », nom donné par les croyants juifs à la colline sur laquelle se trouve la mosquée al-Aqsa. (…) L’autre ministre extrémiste, Bezalel Smotrich, avait quant à lui appelé à « entrer en guerre en Judée-Samarie » [1] et à « y faire ce que nous avons fait à Gaza », (…) il a également appelé à « démanteler l’Autorité palestinienne », qualifiée d’« autorité terroriste ». (L’Orient le Jour). D’après les autorités palestiniennes, depuis le début de l’année plus de 40 000 juifs israéliens ont pénétré au total sur l’esplanade des Mosquées alors même que le gouvernement israélien ne cesse de renforcer « les mesures militaires aux abords de la mosquée Al-Aqsa et de la vieille ville » ainsi que d’imposer « des restrictions à l’entrée et à la circulation des fidèles ». (WAFA) [1]Termes israéliens désignant la Cisjordanie.
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Itamar Ben-Gvir et l’élection de tous les dangers
Ce lundi 28 septembre, TV5 Monde Info consacre un long article sur la multiplication des provocations et des discours haineux de la part d’Itamar Ben-Gvir, ministre israélien d’extrême droite de la Sécurité nationale : prière pour « la mort de tous les terroristes », appel à la réinstallation de colons dans la bande de Gaza, menace d’exécution de détenus, poursuite de la guerre, colonisation de la Cisjordanie, délégitimation des oppositions, intimidations, etc. Son compte X diffuse à longueur de journée des propos et des mises en scène plus scandaleux les uns que les autres. (X) Cette concentration des provocations s’explique en partie par la proximité des élections législatives prévues pour le 27 octobre. Le scrutin qui s’annonce serré entre le parti du premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou et ses opposants, est d’un enjeu peut-être sans précédent pour l’avenir du pays et de la région.[1] Il s’annonce déjà démocratiquement problématique, notamment avec la tentative, ces derniers jours, d’exclure « les deux partis arabes israéliens (…) à la demande du camp de B. Netanyahu qui les accuse de soutenir le terrorisme » (FranceInfo) ou encore par les tentatives de blocage des initiatives aidant les expatriés israéliens, jugés plus enclins à voter pour l’opposition, à rentrer pour voter.[2] (Haaretz) Itamar Ben Gvir vise quant à lui le ministère de la Défense et son parti fait « du portefeuille de la Justice une condition de sa participation au prochain gouvernement » (TV5 Monde) avec le projet de réduire « les pouvoirs d’une justice indépendante et d’accroître considérablement ceux des élus » et « d’accorder une place plus importante à la religion juive dans l’espace public et d’apporter un énorme soutien financier, juridique et moral aux colons de Cisjordanie ». Selon Foreign Policy, au-delà du conflit israélo-palestinien, l’un des enjeux essentiels de ce scrutin, « est de savoir si Israël va rester la démocratie libérale que ses fondateurs ont imaginée quand l’État a été fondé en 1948, ou s’orienter plus que jamais vers un régime illibéral imprégné de judaïsme orthodoxe ».
[1] Conférence : « Élections législatives en Israël : une échéance décisive », 20 octobre 2026, Sciences Po Paris en partenariat avec l'Association française d'études israéliennes (AFEIL). Inscription en ligne : https://www.sciencespo.fr/ceri/fr/evenements/elections-legislatives-en-israel-une-echeance-decisive/ [2] Les votes par correspondance ou par procuration ne sont pas autorisés dans le droit électoral israélien.
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La rubrique « mise en lumière » a pour objectif de proposer un éclairage analytique sur une prise de position, un discours ou un événement qui, sans nécessairement relever de l’actualité immédiate, permet de mieux comprendre les dynamiques de fond à l’œuvre à Jérusalem. Elle vise ainsi à mettre en avant des lectures ou des positionnements jugés particulièrement pertinents pour appréhender la complexité du contexte local.
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Retour sur la Lettre Pastorale de Mgr Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem (avril 2026)
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« Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie »Proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte
En réponse aux blessures profondes laissées par la guerre qui secoue la région depuis plus de deux ans, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche Latin de Jérusalem, a publié une longue lettre pastorale [1] en avril de cette année destinée à première vue aux fidèles catholiques de Terre Sainte. À travers ce document de référence de plusieurs dizaines de pages, Mgr Pizzaballa propose une analyse fine de la situation dans la région puis détaille une réflexion spirituelle et pastorale sur la vocation de l’Église catholique dans un contexte marqué par la violence, la peur et les divisions. Il « propose des pistes pour repenser le rôle singulier que les chrétiens peuvent jouer en contexte de guerre » (La Croix), « une boussole à l’Église de Terre Sainte » (Vatican News). Largement reprise et commentée, elle constitue pour certains « l’une des analyses géopolitiques les plus lucides produites sur la Terre Sainte à la suite des événements du 7 octobre 2023 » (Conflits) pour d’autres, une analyse erronée plus spirituelle que géopolitique, déconnectée du réel. (Diakonos). Né à Cologno al Serio, dans le nord de l’Italie, en 1965, Pierbattista Pizzaballa appartient à l’Ordre des Frères mineurs franciscains. Établi en Terre Sainte depuis les années 1990, il possède une connaissance approfondie des enjeux régionaux. Après avoir exercé pendant de nombreuses années diverses fonctions au service des chrétiens de langue hébraïque en Israël, il occupe de 2004 à 2016 le poste de Custode de Terre Sainte (homme d’église responsable des lieux saints à Jérusalem). En 2016, il est désigné administrateur apostolique par le pape François [2] avant d’être nommé Patriarche Latin de Jérusalem en 2020. Il est élevé au rang de cardinal en 2023 et figure même sur la liste des « papabili » [3] lors de la dernière élection pontificale en 2025. Dans ce court article, nous nous concentrons essentiellement sur la première partie du texte qui propose un diagnostic éclairant sur la situation en Terre Sainte. Les deux suivantes ne sont pas moins intéressantes, mais s’inscrivent dans une vision pastorale et missionnaire, questionnant à la fois la nature chrétienne de Jérusalem à travers le récit évangélique, et rappelant les missions concrètes des paroisses, institutions et familles chrétiennes de la région (prière, liturgie, œuvres éducatives, sanitaires et caritatives, vocations, dialogues, etc.). Mgr Pizzaballa ne se limite pas à comprendre « la portée historique » des événements : « Le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza ont représenté quelque chose de différent et de bouleversant pour chacun des deux peuples de cette terre. Pour les Palestiniens, cela représente l’ultime étape dramatique d’une longue histoire d’humiliations et d’exodes. Pour les Israéliens, en revanche, quelque chose d’inédit : des violences qui ont fait revivre les horreurs survenues en Europe il y a quatre-vingts ans. (…) nous tenons toutefois à souligner que ce moment est désormais universellement considéré comme l’un de ces événements décisifs qui marquent la fin d’une époque et en inaugurent une autre, et qu’il s’est produit de la pire manière qui soit ». Il dénonce à la fois les échecs successifs de la diplomatie internationale, le « retour du recours à la force comme instrument jugé décisif pour la résolution des conflits » et « l’émergence de ce nouveau désordre mondial ». Le Patriarche constate que la violence et les injustices ont profondément altéré les « relations humaines », alimenté un cercle de haine et de victimisation réciproque. Cette dynamique a non seulement aggravé les crises politiques, économiques et morales, mais elle a également rendu plus difficile toute perspective de réconciliation. Au cœur de cette situation qu’il qualifie de « déshumanisation », il met aussi en lumière les actions discrètes et les initiatives locales qui continuent de préserver l’humanité de l’autre et constituent le principal espoir d’une coexistence et d’une reconstruction futures. Mgr Pizzaballa analyse également les effets d’une polarisation croissante qui pousse les individus à se replier sur des appartenances fermées, renforçant la méfiance, la fragmentation sociale et la définition de l’identité par opposition aux autres. Il met aussi en évidence un effacement des grands idéaux au profit de la violence, de la notion de bien commun au profit des logiques d’intérêts particuliers. Pourtant, rappelle-t-il, la réalité impose de continuer à chercher la coexistence sur une terre partagée, notamment à travers des actions concrètes, des gestes de solidarité et des rencontres entre communautés. Il porte également un regard lucide sur le dialogue interreligieux, vital mais en crise, fragilisé par la méfiance mutuelle, des lectures historiques souvent contradictoires et l’instrumentalisation des religions trop souvent utilisées pour justifier la violence au lieu de la condamner. La coexistence quotidienne entre communautés rend indispensable la poursuite de relations fondées sur la reconnaissance mutuelle et la paix. Enfin il présente « le visage multiforme » de l’Église de Terre Sainte, présente dans des contextes très différents (Gaza, Palestine, Israël, Jordanie, Chypre) et confrontée à des réalités marquées par la guerre, les injustices, la précarité et les tensions sociales. Pour Mgr Pizzaballa, cette réalité difficile et fragmentée demeure un signe d’espérance, appelant les chrétiens de Terre Sainte à rester fidèles aux discours évangéliques sans céder à la peur, au silence ou aux logiques conflictuelles. [1] Lettre « circulaire » envoyé par un évêque en tant que « pasteur » au clergé et/ou aux fidèles de son diocèse. Elle est souvent composée d’instructions, consolations, orientations ou réflexions.
[2] Le poste est laissé vacant en 2016, Mgr Fouad Twal, patriarche d’origine jordanienne (2008-2016), ayant atteint la limite d’âge.
[3] Listes de cardinaux pressentis comme pouvant être élu pape.
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