Jérusalem sous mandat britannique (1917-1948)
Lorsque les troupes britanniques s’emparent de Jérusalem en décembre 1917, elles mettent un terme à plusieurs siècles de domination ottomane et héritent d’une cité complexe, marquée par la diversité de ses populations et communautés. « Si l’histoire de Jérusalem au XXe siècle est celle du passage d’un cadre supranational à un cadre national ou binational, alors le mandat britannique (1917-1948) apparaît comme une période de transition, tortueuse et complexe, de l’un à l’autre ».
Avec l’établissement du mandat de la Société des Nations, la Grande-Bretagne obtient la mission officielle d’administrer provisoirement la Palestine. Dans le but de « permettre l’épanouissement des aspirations nationales des peuples colonisés » tout en imaginant « pouvoir séparer les questions religieuses des enjeux politiques ». Cet empilement de contradictions fait de Jérusalem, près de 30 ans plus tard, le théâtre d’une guerre ouverte qui débouche sur sa partition entre Israël et la Jordanie, le long de la fameuse « ligne verte ».
L’installation britannique à Jérusalem
Jérusalem au sortir de la guerre et les ambiguïtés du mandat
La Première Guerre mondiale est un épisode douloureux de l’histoire de la ville. Elle subit très tôt la loi martiale, les restrictions et réquisitions de toutes sortes. Sa population, qui passe de 70.000 habitants en 1914 à moins de 45. 000 habitants en 1917, doit en outre faire face aux famines et aux épidémies. Pendant les premiers mois de l’occupation, les autorités britanniques mettent en place une administration provisoire, baptisée Occupied Enemy Territory Administration (OETA South)[1], première définition administrative de ce qui allait devenir la Palestine mandataire. Celle-ci est chargée d’assurer l’ordre, de stabiliser le ravitaillement et de rétablir les infrastructures essentielles. Les Britanniques promettent aussi le maintien du statu quo et d’éviter toute ingérence dans les affaires religieuses.
En 1920, la conférence de San Remo confie officiellement à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine, mandat confirmé en 1922 par la Société des Nations. La mission britannique comporte deux aspects contradictoires : d’une part, préparer la population à l’autonomie ; d’autre part, mettre en œuvre la déclaration Balfour de 1917 qui promettait l’établissement d’un « foyer national juif ». Cette double obligation crée immédiatement une tension structurelle entre les aspirations nationales arabes et le mouvement sioniste. « L’échec du modèle supranational ottoman a contribué à accentuer les tensions, mais c’est bien l’aveuglement politique des nouvelles autorités britanniques qui fragilise définitivement les équilibres internes de la communauté citadine : en privilégiant les institutions religieuses au détriment des instances administratives séculières, les nouveaux occupants ont enclenché une spirale incontrôlable ».
Les premières violences et les contradictions britanniques
Début avril 1920, lors du pèlerinage musulman de Nabi Moussa[2] (tombe de Moïse près de Jéricho), les processions donnent lieu à des affrontements armés entre musulmans et juifs. En quelques jours, les émeutes font une dizaine de morts et plusieurs centaines de blessés. L’incapacité des Britanniques à maintenir l’ordre pousse notamment les Juifs à développer leur propre milice comme le groupe d’autodéfense fondé par le sioniste russe Zeev (Vladimir) Jabotinsky qui intervient durant les émeutes. Aref al-Aref, journaliste et futur maire de Jérusalem, et Amin al-Husseini, alors simple activiste nationaliste et frère du mufti[3] de Jérusalem, Kamil al-Husseini, sont condamnés pour incitation à la violence mais fuient avant d’être arrêtés.
Zeev Jabotinsky est condamné à la prison pour possession d’armes à feu et trouble à l’ordre public. Le maire de Jérusalem, Musa Kazem al-Husseini est révoqué par le gouverneur britannique de Jérusalem, Ronald Storrs (1881-1955) pour avoir encouragé les émeutes et remplacé par Raghib al-Nashashibi[4] appartenant à une grande famille arabe rivale des Husseini.
« La municipalité n’est plus le symbole de la communauté citadine, mais devient ainsi le jouet des atermoiements de la diplomatie britannique ». Les autorités britanniques ouvrent progressivement la voie au communautarisme. En 1918, déjà, les autorités britanniques avaient imposé une représentation confessionnelle au sein du conseil municipal (2 musulmans, 2 chrétiens, 2 juifs). Quant à la réforme municipale de 1926, elle envisage une organisation des prochaines élections par districts confessionnels.
Au total près de deux cents personnes sont arrêtées et condamnées à la suite des émeutes, mais de nombreuses condamnations sont rapidement réduites, voire annulées, dans un souci d’apaisement. Les Britanniques décident de passer d’une administration militaire à une administration civile dirigée par un Haut-Commissaire siégeant à Jérusalem. Herbert Samuel, premier Haut-Commissaire (1920-1925), est lui-même juif et un sioniste convaincu, ce qui accentue la méfiance des Arabes palestiniens « sans pour autant rassurer les leaders sionistes inquiets des mesures immédiatement prises pour contrebalancer l’effet désastreux de sa nomination auprès des Arabes ». Contre toute attente, le nouveau Haut-Commissaire gracie Amin al-Husseini[5] et le nomme Grand Mufti de Jérusalem.

Paysage entourant le sanctuaire et la mosquée de Nabi Moussa dans le désert de Jéricho, début des années 1920, Collection de photographies Frank Scholten, Bibliothèques de l’Université de Leiden, Pays-Bas.

Pèlerinage de Nabi Moussa, avril 1920, source inconnue.
La polarisation territoriale de Jérusalem
Pendant la période du mandat britannique, Jérusalem connaît à la fois une expansion démographique et une polarisation territoriale croissante. Malgré l’augmentation importante de la population entre 1914 et 1944, les équilibres numériques entre Juifs et Arabes restent relativement stables : les Juifs représentent une majorité oscillant entre 56 % et 63 %, tandis que les Arabes constituent environ 40 à 44 % de la population. En 1931, on observe même une stricte égalité entre musulmans et chrétiens au sein de la population arabe. Ainsi, contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas les évolutions démographiques quantitatives qui expliquent la dégradation de la situation à Jérusalem.
La véritable cause réside plutôt dans une transformation qualitative : la fragmentation progressive du tissu urbain et la polarisation territoriale préparent la division « de la Ville Sainte en deux entités distinctes, l’une juive et l’autre arabe. En matière d’urbanisme, en effet, les autorités mandataires échouent à donner une réelle cohérence au territoire municipal, dont les limites elles-mêmes obéissent davantage à des contraintes politiques qu’à des considérations urbanistiques ».
L’urbanisme reflète et accentue la séparation communautaire : réseaux d’eau inégalement développés entre l’ouest (majoritairement juif) et l’est (majoritairement arabe), compagnies de transport distinctes, quartiers de plus en plus polarisés. Les organisations sionistes limitent notamment l’intégration des villages arabes voisins afin de préserver la majorité juive. La municipalité ne parvient pas à imposer une vision d’ensemble. Seule la Vieille Ville fait l’objet d’une politique cohérente mais passéiste. L’autorité mandataire cherche à préserver son caractère historique, notamment par la création d’une ceinture verte isolant les murailles. Cette politique patrimoniale renforce cependant la fragmentation urbaine.
L’aggravation des tensions
Les émeutes de 1929 et l’intensification des revendications nationales
Dès le milieu des années 1920, les tensions communautaires s’exacerbent. L’immigration juive augmente, encouragée par les autorités britanniques et stimulée par les difficultés croissantes rencontrées par les Juifs d’Europe. Les Arabes palestiniens craignent de devenir minoritaires et dénoncent une politique coloniale favorisant les intérêts sionistes. La question des lieux saints devient un enjeu politique majeur, en particulier le Mur occidental, lieu de prière juif situé au pied de l’esplanade des Mosquées. Les autorités musulmanes craignent une appropriation du sanctuaire par les sionistes, alors que les Juifs revendiquent une liberté de prière plus large.
En août 1929, des affrontements éclatent à Jérusalem puis dans toute la Palestine à la suite d’un différend de longue date au sujet de l’accès au Mur occidental (Kotel). En quelques jours, les émeutes font près de 250 morts dans toute la Palestine, dont une trentaine à Jérusalem et des centaines de blessés. Les Britanniques, incapables de satisfaire les deux communautés, commencent à réévaluer leur politique. Une commission d’enquête, la Commission Shaw[6], est envoyée et conclut que la cause principale des violences réside dans les frustrations arabes liées à l’immigration juive et à la peur de la dépossession. Elle est suivie de Commission Royal Hope Simpson de 1930. La paix semble désormais difficile à maintenir.

La Commission Shaw, octobre 1929, American Colony.
Après les émeutes de 1929, Londres modifie sa politique. Le « Livre blanc »[7] de 1930, rédigé par Lord Passfield, propose de limiter l’immigration juive et les achats de terres. Les sionistes dénoncent une trahison, tandis que les Arabes jugent ces mesures insuffisantes. Finalement, sous pression du mouvement sioniste, la Grande-Bretagne atténue ces restrictions, réaffirmant son soutien au foyer national juif. Dans les années 1930, la ville de Jérusalem devient un centre politique actif : elle abrite le Haut-Commissariat, les bureaux de l’Agence juive (institution quasi-gouvernementale du Yichouv)[8], et les institutions politiques et religieuses musulmanes. Les nationalismes arabe et juif se structurent davantage. Les Arabes palestiniens se dotent de comités politiques et d’un leadership religieux influent autour du mufti Amin al-Husseini.
Les sionistes renforcent leurs réseaux paramilitaires (Haganah) et leurs institutions culturelles. Sur le plan démographique, Jérusalem s’agrandit rapidement : la population juive augmente grâce à l’immigration légale et clandestine ; la population arabe s’accroît également, malgré les difficultés économiques. La ville reste un espace multicommunautaire, mais les quartiers se séparent progressivement selon des lignes ethniques et religieuses.
La Grande Révolte arabe (1936-1939)
En octobre 1933, une série d’émeutes arabes contre les autorités britanniques et contre l’immigration juive éclate à Jérusalem, Jaffa, Haïfa ou encore Naplouse. Elles sont le prélude à la Grande Révolte arabe de 1936-1939. En avril 1936, la montée de la colère arabe débouche sur une révolte de grande ampleur. Elle est déclenchée par des attentats contre des convois juifs, puis par une grève générale de six mois organisée par le Haut Comité arabe.
À Jérusalem, les affrontements deviennent quotidiens : attaques de convois, fusillades, manifestations massives. Les quartiers arabes de la Vieille Ville sont le théâtre de nombreux incidents. Les Britanniques, d’abord dépassés, réagissent par une militarisation croissante de la Palestine. Ils imposent des couvre-feux, procèdent à des arrestations massives, ferment des journaux, et utilisent des unités spéciales. La répression devient sévère, notamment dans les campagnes palestiniennes où les Britanniques détruisent des maisons et ciblent les chefs rebelles. La révolte prend ensuite un caractère rural marqué, mais Jérusalem reste le centre politique où s’affrontent propagande, influences diplomatiques et négociations avortées.
Les enquêtes britanniques successives, comme la Commission Peel (1936-1937), reconnaissent l’impossibilité de concilier les aspirations nationales arabes et juives au sein d’un même territoire. Pour la première fois, la Grande-Bretagne propose une partition de la Palestine. La ville de Jérusalem, en raison de son importance religieuse, serait placée sous administration britannique permanente. Le mouvement sioniste accueille l’idée avec réserve ; les Arabes la rejettent catégoriquement. La spirale de violence se poursuit jusqu’en 1939.

Des Palestiniens se rassemblent à Abou Ghosh, à l’ouest de Jérusalem, en 1936, dans la Palestine sous mandat britannique, lors d’une grève générale (Bibliothèque du Congrès américain).

« Carto », n°85, sept.- oct. 2024
Le « Livre blanc » de 1939 et la fin d’une illusion
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Londres change radicalement de stratégie. Le Livre blanc de 1939 met fin à l’idée d’un État juif et annonce la création d’un État palestinien unitaire dans un délai de dix ans. L’immigration juive est strictement limitée et les achats de terre fortement encadrés. Pour les Arabes palestiniens, ces mesures constituent une victoire apparente mais tardive, car leurs institutions ont été démantelées pendant la révolte. Pour les sionistes, en revanche, le Livre blanc est considéré comme une menace mortelle, alors que les persécutions antisémites en Europe prennent une ampleur dramatique. La ville de Jérusalem devient un foyer d’activité clandestine : l’Irgoun[9] et le groupe Stern[10] intensifient leurs attaques contre les infrastructures militaires britanniques.
Contrairement à la Première Guerre mondiale, Jérusalem est épargnée durant la Seconde et reste relativement calme en raison notamment de la publication du « Livre blanc » de 1939, mais la tension politique reste forte. Le Mandat s’enlise : incapables de concilier les deux nationalismes, les autorités restent prises en étau entre pressions sionistes internationales et mécontentement arabe local.
La fin du mandat et la division de Jérusalem
Après la guerre, tensions internationales et enjeux migratoires
La fin de la Seconde Guerre mondiale marque l’entrée dans une phase décisive. Le génocide des Juifs d’Europe bouleverse profondément le débat sur la création d’un État juif. Les demandes d’ouverture des frontières palestiniennes à l’immigration juive se multiplient. Les États-Unis notamment pressent la Grande-Bretagne de permettre l’entrée de centaines de milliers de réfugiés juifs, alors que Londres craint une explosion des violences avec les Arabes.
À Jérusalem, la situation devient critique. Les organisations clandestines juives mènent une campagne armée contre les Britanniques. L’attentat contre l’hôtel King David en 1946, siège des services administratifs britanniques, cause la mort de 91 personnes et choque l’opinion mondiale. Les Britanniques apparaissent de plus en plus impuissants. Dans le même temps, la politique britannique est affaiblie par les difficultés économiques de l’après-guerre et par les mouvements d’indépendance dans le monde. Londres souhaite mettre fin à une situation devenue politiquement et financièrement intenable. Jérusalem symbolise cet échec : la ville est fragmentée, militarisée, et constamment menacée par des attaques.

L’hôtel King David, à Jérusalem, visé par un attentat à l’explosif. Photo d’archives du 22 juillet 1946 publiée par le bureau de presse du gouvernement israélien. HANDOUT / REUTERS.
Le plan de partage de 1947 et le statut international de Jérusalem
Dans l’impasse, la Grande-Bretagne renvoie la question palestinienne aux Nations unies en 1947. Après plusieurs mois d’enquête, l’ONU propose le 29 novembre 1947 un plan de partage : la Palestine serait divisée en un État juif et un État arabe, tandis que Jérusalem et Bethléem seraient placées sous un régime international, appelé corpus separatum, administré par l’ONU pour garantir la protection des lieux saints et la coexistence des populations.
« Tel qu’il est présenté, le plan de partage de l’ONU de 1947 rend en effet la guerre inévitable. L’État juif reçoit 56 % du territoire, contre 42 % seulement pour l’État arabe (…) Les Arabes palestiniens, qui s’opposaient à l’idée même d’un partage, s’indignent de n’obtenir qu’une part minoritaire de leurs propres terres. Le morcellement des deux États en six blocs discontinus, reliés par des nœuds stratégiques, achève de compliquer la situation : le plan de partage aurait impliqué un degré de coopération peu réaliste entre deux nationalismes rivaux. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour que les Arabes se soulèvent à nouveau ».
Le 30 novembre 1947, les Britanniques annoncent leur intention de quitter la Palestine pour le mois de mai, la Palestine sombre dans la guerre civile. À Jérusalem, cette annonce provoque une flambée de violence. Les deux communautés se battent pour le contrôle des routes, des quartiers stratégiques et des positions militaires. Les Britanniques, en retrait, tentent seulement de sécuriser leurs positions jusqu’à leur départ définitif.

Plan de partition de la Palestine, ONU, 1947.
Retrait britannique et division de Jérusalem
Le 14 mai 1948, les Britanniques quittent officiellement la Palestine et David Ben Gourion[11] proclame l’indépendance de l’État d’Israël. Immédiatement, les armées arabes envahissent le pays. La bataille de Jérusalem devient l’une des plus féroces du conflit. Les forces juives contrôlent l’ouest de la ville, mais échouent à s’emparer de la Vieille Ville. Les légionnaires arabes, sous commandement jordanien, prennent le contrôle de Jérusalem-Est et de l’esplanade des Mosquées. L’ONU tente d’imposer plusieurs trêves, mais les combats se poursuivent jusqu’aux accords d’armistice de 1949[12].
La ville est désormais divisée : à l’ouest, Jérusalem passe sous souveraineté israélienne ; à l’est, la Vieille Ville et les quartiers arabes sont intégrés à la Jordanie. Une ligne de cessez-le-feu, appelée « ligne verte », sépare les deux secteurs et les lieux saints sont coupés en deux. Israël obtient ainsi 78 % de la Palestine mandataire et les 22 % restants passent sous contrôle arabe.
L’Égypte administre désormais la bande de Gaza tandis que la Transjordanie contrôle Jérusalem-Est et la Cisjordanie qu’elle annexe en 1950. La Transjordanie devient alors le royaume hachémite de Jordanie. La Palestine est rayée de la carte, et près de 750.000 palestiniens sur les 900.000 qui vivaient alors dans les territoires qui passent sous contrôle israélien, prennent la route de l’exode. Ces événements restent gravés dans la mémoire collective palestinienne sous le nom de la Nakba (catastrophe) et un jour mémoriel est instauré en 1998 par Yasser Arafat. Les commémorations ont généralement lieu le 15 mai, au lendemain de l’expiration du mandat britannique.

Expulsion des femmes et des enfants de Tantura. Un village près de Haïfa dont une partie des habitants a été massacrée par la brigade Alexandroni de l’armée israélienne, en juin 1948. Beno Rothenberg/Meitar Collection/Bibliothèque nationale d’Israël /The Pritzker Family National Photography Collection

Situation militaire et territoriale en Palestine et Israël en 1949, Philippe Rekacewicz, Le monde diplomatique, février 1995.
Conclusion
La période du mandat britannique à Jérusalem (1917-1948) constitue l’un des moments les plus déterminants de l’histoire contemporaine du Proche-Orient. Les Britanniques ont tenté de concilier les aspirations contradictoires de deux nationalismes en plein essor. Leurs politiques ont fréquemment accentué les tensions au lieu de les apaiser. Le plan de partage de 1947 et le retrait britannique de 1948 ont ouvert la voie à la proclamation de l’État d’Israël et au déclenchement de la première guerre israélo-arabe. Depuis, Jérusalem et la Palestine sont au cœur d’un conflit dont les répercussions sont toujours présentes aujourd’hui.
Notes
[1] Composée du Mutasarrifat de Jérusalem et des sandjaks de Naplouse et d’Acre.
[2] Village qui abrite la tombe présumée du prophète Moïse, il se situe près de Jéricho. Il s’agit d’une procession annuelle vers Jérusalem. À l’époque mandataire et sous l’impulsion des Husseini, elle devient une manifestation de masse d’affirmation de l’identité palestinienne et contre le colonialisme britannique et le sionisme.
[3] Le poste de grand mufti de Jérusalem est créé par le gouvernement militaire britannique en 1920.
[4] Raghi al-Nashashibi (1881-1951) est maire de Jérusalem de 1920 à 1934 et occupe plusieurs postes ministériels dans le royaume de Jordanie de 1949 à 1951. Il est un des membres fondateurs du Parti de la Défense nationale. Fondé en 1934 dans le but d’endiguer la montée en puissance des Husseini et du Haut Comité Arabe. C’est une organisation politique central de la communauté arabe de Palestine fondé en 1936.
[5] Amin al-Husseini (1895-1974) est un fervent opposant au mouvement sioniste et instigateur des révoltes de 1936. Il rencontre Adolf Hitler en 1941 et appelle à la participation des Arabes dans l’effort de guerre du Troisième Reich
[6] La commission d’enquête britannique est dirigée par Sir Walter Shaw accompagné de trois parlementaires, elle a pour but de comprendre les raisons des émeutes.
[7] Les « livres blancs » publiés (1922, 1930, 1939) durant le mandat britannique, sont une série de mesures et dispositions fixant la politique mandataire et en particulier l’immigration juive.
[8] L’Agence Juive pour la Palestine est fondée en 1929 afin d’être l’exécutif de l’Organisation sioniste mondiale, elle devient le gouvernement de fait de l’ensemble de la population juive présente en Palestine mandataire (Yichouv).
[9] Groupe paramilitaire de la droite sioniste né en 1931 d’une scission avec la Haganah, la principale organisation juive en Palestine mandataire de 1920 à 1948.
[10] Groupe d’action terroriste formé en 1940 par des membres de l’Irgoun. Il est aussi appelé Lehi, acronyme hébreu de Lohamei Herut Israël, « Combattants pour la liberté d’Israël ».
[11] David Ben Gourion (1886-1973) dirige la communauté juive de Palestine durant le mandat britannique. Il est l’un des fondateurs de l’État d’Israël dont il est le Premier ministre de 1948 à 1963.
[12] Égypte (24 février), Liban (23 mars), Transjordanie (3 avril), Syrie (20 juillet).

Source Pharos